J. BRAHMS (1833-1897)

- Allegro non troppo
Adagio non troppo - L'istesso tempo, ma grazioso
- Allegretto grazioso (Quasi Andantino) - Presto, ma non assai
- Allegro con spirito

"Si nous ne pouvons écrire avec autant de beauté que Mozart et Haydn, écrivons du moins avec autant de pureté dans le contrepoint et dans l'harmonie".

Ainsi s'exprimait le compositeur de la Symphonie en ré majeur, qui semble bien, dans cette oeuvre en particulier, avoir réalisé cette intention.

Si la Première Symphonie est d'un caractère sombre et tourmenté, celle-ci mérite bien le qualificatif "printanier" que lui donne Deiters, terme plus juste que celui de "Symphonie Pastorale", abusivement proposé.

Certes, dans sa claire tonalité de ré majeur, la 2ème Symphonie évoque la nature qu'aimait Brahms, mais davantage, selon sa propre expression, comme un "vagabond", ivre de marche dans le vent, le regard suivant le mouvement des nuages, et heureux de trouver le repos dans une auberge perdue dans la verdure.  C'est d'ailleurs dans une halte de ce genre que le musicien acheva l'oeuvre commencée sur les bords du Wüthersee, en Carynthie.

L'Allegro non troppo, initial qui s'ouvre sur un motif des cors, est de forme sonate libre, avec cette caractéristique que le thème dit "féminin" est exposé en premier.

L'Adagio non troppo développe une mélancolique rêverie.  C'est un lied écrit dans la forme ternaire, et dont la partie centrale, d'une écriture subtile, est un épisode "grazioso".

Le Scherzo est un Allegretto quasi andantino, qui n'est pas sans rappeler le caractère lumineux des ländler de Schubert. Son Trio, Presto ma non assai, porte l'accent sur la quatrième croche et ce mouvement se termine sur un Presto de rythme ternaire.

Le soleil semble déchirer le voile de brume qui nimbe le début du Finale, Allegro con spirito.  Son thème, expressif et chantant, triomphe dans la joie, après un développement où Brahms "gardien auguste de la tradition", apparaît comme un "romantique", ami de la nature où il aime à chanter plus qu'à pleurer.

La Deuxième Symphonie donnée en première audition à Vienne, en décembre 1877, sous la direction de Hans Richter, conquit aussitôt le public, et Brahms la dirigea plusieurs fois à Berlin.

Yves HUCHER.