A. DVORAK (1841 - 1904)

- Allegro ma non troppo
- Adagio ma non troppo
- Finale : Allegro giocoso, ma non troppo 

Soliste :

En juin 1879, le violoniste Joseph Joachim avait tenu à participer à une exécution d'un Sextuor de Dvorak, puis d'un Quatuor.  Enthousiasmé, il demande à Dvorak un concerto.  Devant la page blanche, le compositeur qui pourtant avait toujours joué du violon, hésita, tâtonna et remit au virtuose une oeuvre qui lui valut ce verdict : "Recommencez !" Moins d'un an plus tard, après avoir une seconde fois "tout refait et en entier", Dvorak vit sont travail agréé... à condition de le revoir à nouveau...

En dépit de ces circonstances, le Concerto pour violon est remarquable par sa spontanéité, sa fraîcheur d'inspiration et... son unité !

Le premier mouvement, Allegro ma non troppo, à la fois rustique et tendre, est tout imprégné de l'attachement du musicien à sa terre natale, même s'il n'utilise pas de motifs "populaires".

S'écartant de la tradition tonale, Dvorak écrit en un fa majeur chaleureux, un Adagio ma non troppo, tout empreint d'une tendresse rêveuse.

Allegro giocoso ma non troppo : ce titre rend fort peut le caractère du finale, dans un rythme entraînant, "furiant" même; et qu'interrompt une mélancolique "dumka", cette danse chère au coeur de Dvorak, et qui rappelle ici la "dumka" du célèbre Quintette avec piano.

Par sa sincérité inspirée, Dvorak atteint ici à un remarquable équilibre, entre la tradition et l'invention, l'ordre et l'aventure, la réflexion et la vraie spontanéité, celle du coeur.

Y.H.