Compagnie Monégaque de Banque Société des Bains de Mer Les Amis de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo Principauté de Monaco

L’Orchestre > Historique

1856, une foule élégante se presse au ravissant Kiosque à Musique et à la "Maison de jeux", comme on appelait alors le Casino, pour écouter polkas, valses et mazurkas offertes par une poignée d’instrumentistes passionnés.

Ce qui n’est encore qu’un "embryon d’orchestre" s’enrichit peu à peu d’artistes venus de Paris pour former "l’Orchestre du Nouveau Cercle des Étrangers". En fait, il s’agit de reprendre chez les Grimaldi une tradition familiale datant du Prince Antoine 1er au XVIIIe siècle et que le Prince Rainier III soutiendra puissamment dès son avènement au trône en 1949.

Cet orchestre, sous la baguette d’Alexandre Hermann, ne tarde pas à franchir les frontières de la Principauté pour charmer le public mélomane du Théâtre Royal de Nice.

En 1860, le violoniste Carlo Allegri lui succède avant qu’Eusèbe Lucas, musicien et fin lettré, ne prenne la direction de la formation un an plus tard et donne à l’Orchestre l’essor dont il a besoin, le faisant passer, en une dizaine d’années, de 15 à 70 musiciens !
En avril 1878, la construction d’une nouvelle salle de spectacle est confiée à Charles Garnier, le célèbre architecte de l’Opéra de Paris. Achevée en un temps record, elle est inaugurée en janvier 1879, en présence du Prince Charles III, avec la participation de Sarah Bernhardt et de l’Orchestre. Stéphane Liégeard, créateur de l’expression "Côte d’Azur", pouvait exprimer son enthousiasme en écrivant " Que Paris le veuille ou non, c’est à Monte-Carlo qu’il faut venir écouter de la bonne musique ".

Améliorant la qualité musicale, enrichissant le répertoire, Eusèbe Lucas offre de grands moments musicaux (la mystérieuse "Arlésienne" de Georges Bizet, le pittoresque "Rouet d’Omphale", poème symphonique de Camille Saint-Saëns, opéras, compositions symphoniques, créations contemporaines...).

De 1885 à 1894, sous la direction d’Arthur Steck, la formation monégasque étend sa renommée à l’ensemble de l’Europe. Il impose la musique nouvelle, fait découvrir des compositeurs français alors peu connus, comme Saint-Saëns et Massenet, et s’attaque résolument au répertoire russe et germanique.
De 1894 à 1928, sous l’impulsion et la direction de Léon Jehin, s’enchaînent spectacles lyriques, concerts, et œuvres inédites ("Hulda" de César Franck, "Don Quichotte" de Jules Massenet...) rivalisant d’innovation et de virtuosité, plaçant résolument Monte-Carlo à l’avant-garde du mouvement musical de l’époque. " On va maintenant à Monte-Carlo comme on va à Bayreuth avec la différence qu’à Monte-Carlo le répertoire revêt un caractère éclectique et international " , écrit Le Figaro en 1895.

1911 : arrivée des Ballets Russes de Serge de Diaghilev et des nouvelles tendances de l’art chorégraphique, magie de Stravinsky, Ravel ou Prokofiev, somptueux décors de Picasso, Derain, Bakst ou Raoul Dufy ; Fokine met tout son art de la danse au service d’interprètes de génie comme Nijinski ou Serge Lifar. Après la première guerre mondiale viennent les années folles et les spectacles audacieux comme le "Train bleu" de Darius Milhaud (costumes de Mademoiselle Coco Chanel, décors de Picasso), "Les biches" de Francis Poulenc, "Jack in the box" d’Eric Satie.
Plusieurs chefs se sont partagé la tâche dès 1911 : Léon Jehin, Louis Vialet, Louis Ganne, César Scotto et Victor de Sabata. Plusieurs créations voient le jour : "Pénélope" de Gabriel Fauré (mars 1913), le ballet "Masques et Bergamasques" (1919), et la grande création mondiale "l’enfant et les sortilèges" de Maurice Ravel.

De 1928 à 1933, Paul Paray est nommé à la direction de l’Orchestre et à la tête des concerts "Colonne".

Jusqu’en 1949, une pléiade d’artistes mondialement connus se produira à Monaco : Von Hoesslin, Dimitri Mitropoulos pour la direction, et des pianistes prestigieux tels que Arthur Rubinstein, Vladimir Horowitz ou Robert Casadesus.

On aura même la chance d’écouter quelques œuvres de Richard Strauss dirigées par le Maître lui-même (1937).

1940, seconde guerre mondiale... Paul Paray dirige à nouveau les concerts jusqu’à la fin de la guerre. En 1946, Henri Tomasi prend la direction de l’Orchestre pour un an. Les années suivantes, des invités de marque feront les beaux jours de l’orchestre : le grand chef Charles Munch, Yehudi Menuhin, Raoul Gunsbourg.
1953 : par ordonnance de son Altesse Sérénissime le Prince Rainier III, l’Orchestre prend pour nom "Orchestre National de l’Opéra de Monte-Carlo". Sous la baguette de Louis Frémaux, l’Orchestre se déplace régulièrement (1956-1965) en France et à l’étranger.

Des noms comme ceux de Thomas Beecham, Léonard Bernstein, Kyril Kondrachine, Gyorgy Cziffra, Ivry Gitlis, Isaac Stern, Jean-Pierre Rampal, et tant d’autres, sont intimement mêlés à celui de l’Orchestre durant cette période qui se conclut en 1966 par une tournée de 42 concerts aux Etats-Unis, dirigée par le grand chef français Paul Paray !

De 1967 à 1972, Igor Markevitch entre à son tour dans l’histoire de l’Orchestre de Monte-Carlo.

De nombreux disques sont enregistrés, régulièrement salués par de grands prix comme celui de l’Académie Charles Cros en 1970 pour le "Mandarin merveilleux" de Béla Bartók sous la direction de Bruno Maderna.

À partir de 1973 et jusqu’en 1979, Lovro Von Matacic succède à Markevitch à la tête de l’Orchestre. Les créations continuent à se succéder, toujours avec le même succès et le même niveau d’exigence. En décembre 1976 est ainsi créé le ballet "Isadora" sur une chorégraphie de Maurice Béjart. En 1979, pour fêter les 100 ans de la Salle Garnier , c’est le "Turandot" de Puccini qui est à l’honneur et retransmis en Eurovision.

En 1980, par Ordonnance du Prince Souverain Rainier III, l’Orchestre prend le titre de "Philharmonique" tandis que Lawrence Foster et René Croési en assurent la co-direction.
Débute alors une brillante décennie : tournées à l’étranger - trois fois aux États-Unis, quatre fois en Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, deux fois en résidence à Paris au Palais Omnisports de Bercy - concerts en France, en Italie et participation aux Festivals de Dresde, Prague, Leipzig, Montreux, Lucca, Aix-en-Provence, Lyon, Lisbonne, Menton ; sans oublier les participations à l’émission télévisée, " Le Grand Echiquier " de Jacques Chancel.

Parallèlement, une importante politique d’enregistrements est lancée, et une quarantaine d’ouvrages sont récompensés par plusieurs Grands Prix du disque.

En 1990, le chef italien Gianluigi Gelmetti assure la fonction de directeur musical. Cette fonction sera reprise par le chef américain James DePreist en 1994. Sous sa direction, de nouvelles tournées sont organisées aux États-Unis ainsi qu’en Allemagne et en Autriche.

La création musicale n’est pas oubliée et nombre d’œuvres de Charles Chaynes, Robert Beaser, John Casken, Narcis Bonet, Lowell Liebermann, Chris Theofanidis, Benjamin Lees, Marcel Landowski, Aulis Sallinen, Henri Dutilleux sont données en première mondiale à l’Auditorium Rainier III ou lors des concerts au Palais Princier.
En juillet 2000, le chef allemand Marek Janowski est nommé directeur musical et artistique de l’Orchestre qui connaît une nouvelle dimension en passant à 100 musiciens titulaires. En septembre de la même année, la Salle des Princes du Grimaldi Forum (1800 places) est inaugurée avec une création mondiale de Henri Dutilleux en ouverture et la 9ème Symphonie de Beethoven suivie quelques jours plus tard d’un concert Wagner.

En décembre 2003, l‘Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, le Rundfunk Sinfonieorchester Berlin, le Rundfunkchor Berlin et le Mitteldeutscher Rundfunkchor Leipzig ont été réunis, sous la direction de Marek Janowski, pour interpréter le "Requiem" de Berlioz au Dom de Berlin puis au Grimaldi Forum. Rencontre musicale renouvelée en mars 2007, à l’occasion du 150ème anniversaire de l’Orchestre, avec l’interprétation des "Gurre-Lieder" de Schönberg, donnés à Monaco puis à la Philharmonie de Berlin.

Octobre 2005, Marek Janowski démissionne de ses fonctions de directeur artistique et musical, mais assure les concerts jusqu’en décembre 2007 en qualité de chef invité.
En janvier 2008 Yakov Kreizberg est nommé directeur artistique, puis directeur artistique et musical en septembre 2009.
Depuis la disparition de ce dernier en mars 2011, le poste est resté vacant, S.A.R. la Princesse de Hanovre avait souhaité, en mars 2012, faire appel à Maître Gianluigi Gelmetti pour assurer la mission de « chef référent » de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Après dix mois d’une collaboration parfaite, ponctuée de grands moments d’émotion, il a été décidé de confier les fonctions de Directeur Artistique et Musical de l’Orchestre à Maître Gelmetti.

Placé sous la présidence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a bénéficié du soutien et des encouragements du Prince Rainier III, tout au long de son règne. À ce titre, il tient une place particulière dans le cœur des musiciens.

Le Prince Albert II a succédé à son père. L’Orchestre sous la direction de son nouveau Directeur Artistique et Musical Gianluigi Gelmetti, L’assurant de toute sa confiance et de toute son estime, poursuivra dans la voie qui est la sienne : préserver son authenticité tout en se tournant résolument vers l’avenir, grâce à une politique dynamique qu’encourage le gouvernement princier.