Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

- Ouverture
- Air
- Gavotte I et II
- Bourrée
- Gigue

Le séjour de Bach à la Cour de Köthen (1717-1720) est considéré comme une période heureuse. Le prince Léopold, musicien lui-même, favorise et encourage toutes les entreprises de son konzertmeister ; il ne l'empêche pas de quitter la Cour pour entreprendre des voyages dans les grands centres musicaux de l'Europe. A Weimar, Bach avait déjà abordé la musique profane ; mais lorsqu'il arrive à Köthen, il s'y consacrera…et, pour cause : la cour est de confession calviniste, et il est strictement interdit à Bach de toucher l'orgue et d'écrire de la musique religieuse ! Disposant d'un orchestre de qualité, c'est donc là qu'il va écrire l'essentiel de sa musique instrumentale : suites, concertos (dont les "Concertos Brandebourgeois", sonates et le Livre I du "Clavier bien tempéré", etc.), et composer nombre de pièces pour la formation de son fils aîné, Wilhem Friedmann.

Suite n°3 en ré majeur, BWV 1068

C'est au XVIème siècle que les rythmes de danses entrèrent au répertoire de la musique instrumentale, les compositeurs se saisissant de ce matériau au riche potentiel pour le développer. Le grand initiateur devenu au XVIIème maître incontesté de la suite est l'Allemand Johann Jakob Froberger.

Bach écrivit quatre "Suites" pour orchestre auxquelles il préfère donner le nom de, "Ouvertures", reprenant ainsi l'appellation du traditionnel premier mouvement, "ouverture à la française", telle que mise au point par Lully, avec alternance lent / vif / lent. La Suite n°3 est, avec la précédente, BWV 1067, en si mineur pour flûte, cordes et basse continue, la plus célèbre des quatre.

Après l'ouverture vient une succession de danses, pouvant varier légèrement d'une œuvre l'autre, mais rassemblant, au final, toujours les mêmes ; ces dernières ayant été choisies parmi les plus originales et adaptables d'Europe (Allemande, courante, gigue, bourrée, menuet, sarabande, gavotte, etc.).

La Suite n°3 en ré majeur est une œuvre particulièrement brillante, de par la tonalité choisie et sa nomenclature orchestrale regroupant trois trompettes, deux hautbois, cordes, timbales, basse continue (basse + clavecin) (1). Elle doit sa célébrité à la sublime Aria suivant l'ouverture initiale : Aria confiée aux seules cordes (dans se version originale). Viennent ensuite la Gavotte I, suivie de son "double", Gavotte II, reprise de la Gavotte I en valeurs divisées (les croches devenant des doubles croches). Son caractère particulièrement énergique rompt totalement avec le climat de tendresse et de recueillement installé par l'Aria. Les trompettes, comme dans la gigue terminale jouent un rôle aussi prépondérant que délicat, par la virtuosité qu'elles exigent de leurs exécutants. Entre la Gavotte et la Gigue se fait entendre une bourrée entraînante, bipartite, mais sans "double".

(1) Dans les œuvres sacrées, le continuo (basse continue), regroupe basse et orgue positif

Alice Blot

Nomenclature orchestrale :
2 hautbois, 3 trompettes, timbales, cordes.
Clavecin : Camille Mugot