Hector BERLIOZ (1803-1869)

  1. Rêveries – Passions
  2. Un bal
  3. Scène aux champs
  4. Marche au supplice
  5. Songe d'une nuit de sabbat

Composé en janvier-avril 1830 à Paris. Dédiée (1845) au tsar Nicolas 1er de Russie. Création le 5 décembre 1830 à Paris, lors d'un concert organisé par Berlioz à la Salle du Conservatoire, sous la direction de François-Antoine Habeneck.
Publiée par Maurice Schlesinger, Paris 1845, sous le numéro d'opus 14.

La Symphonie Fantastique, probablement la "première symphonie" la plus extraordinaire jamais composée, emploie un motif répété que Berlioz appelle "idée fixe", associé au personnage de la bien-aimée du protagoniste et qui en fait une œuvre cyclique. L'œuvre fut conçue dans la passion pour l'actrice anglaise Harriet Smithson qu'il épousa par la suite.

 

L'"idée" apparaît dans chacun des mouvements :comme thème principal du premier, dans la salle de bal comble du deuxième, dans les prés lointains du troisième, comme une ultime vision dans la scène de l'exécution, et comme une raillerie au cours du sabbat des sorcières.

La Fantastique est chargée d'images picturales : des battements de cœur soulignent la première apparition de l'"idée fixe" ; dans la scène à la campagne, on entend les flûtes des bergers et le tonnerre, et la fin de la marche au supplice est ponctuée par le couperet de la guillotine, la tête qui tombe dans le panier et les hourras de la foule. On notera également la juxtaposition du chant grégorien pour les morts (Dies irae) et de la ronde des sorcières dans le dernier mouvement, à titre d'exemple de l'un des procédés d'écriture préférés de Berlioz, la "grande réunion des thèmes".

C'est une musique évocatrice d'une incontestable originalité qui inspira aux meilleurs compositeurs de la génération suivante une pléthore de techniques nouvelles.

Dans le dernier mouvement, Berlioz fait appel à des cloches d'église et non à un carillon.

D. Kern Holoman

Nomenclature orchestrale :
2 flûtes (la 2ème jouant aussi le piccolo), 2 hautbois (le 2ème jouant aussi le cor anglais), hautbois en coulisse, 2 clarinettes (la 1ère jouant aussi la petite clarinette), 4 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 2 cornets, 3 trombones, 2 tubas, timbales, percussion, 2 harpes et cordes.

Durée approximative : 49 minutes