Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)

Adagio – Allegro spiritoso
Andante
Menuetto
Presto

Il est difficile de séparer la Symphonie n° 36 en do majeur, des deux précédentes : la Symphonie n° 34, (écrite en août 1780), et la Symphonie n° 35, écrite en 1782, à Vienne en l'honneur du bourgmestre de Salzbourg, récemment ennobli : Siegmund Haffner (d'où le nom de la Symphonie).

Cette triade symphonique est représentative d'un épisode essentiel dans la vie de Mozart, l'homme comme le musicien. En 1780, Mozart est à nouveau à Salzbourg qu'il a réintégré sur ordre de l'archevêque Colloredo, après un séjour parisien riche en expériences et rencontres musicales, malgré le décès de sa mère qui le frappe cruellement…

Le retour à Salzbourg est insupportable : … "Salzbourg n'est pas un endroit pour mon talent ! – D'abord les gens de la musique n'y jouissent d'aucune considération, et ensuite on n’y entend rien. Il n'y a pas de théâtre, pas d'opéra… […] Depuis cinq à six ans, la musique à Salzbourg  a toujours été riche en éléments inutiles, superflus, mais très pauvre en utilité, et complètement dépourvue de l'indispensable… […]". Aussi est-il tout à sa joie, lorsque en août 1780, il reçoit commande d'un opera-seria pour le Carnaval de Munich : Idoménée, Roi de Crète ; occasion supplémentaire de "s'échapper".

1781 : rupture définitive de Mozart avec Colloredo ; 1782 : installé à Vienne, Mozart rédige en moins de trois semaines une Symphonie en l'honneur de Siegmund Haffner, bourgmestre de Salzbourg récemment ennobli, : symphonie de "la liberté"…

L'écriture de Mozart a considérablement progressé : le tissu orchestral a gagné en densité ; la multiplicité des sautes d'octaves apparaissent comme autant d'élans de révolte, focalisés par une énergie créatrice hors du commun ; énergie que Mozart mettra à profit à Linz, où en 1783, il écrit en quatre jours la Symphonie n° 36. Ce "tour de force" demeure imperceptible à l'oreille, qui en revanche, saisit combien l'urgence a condensé les idées du compositeur. Si toute la jubilation de l'été 1780 ressurgit, l'écriture devenue plus subtile ne laisse place qu'à l'essentiel. Le plan de l'œuvre est plus vaste.

L'influence de Haydn est nettement perceptible : quelques mois plus tôt Mozart a recopié pour son usage personnel, le début de trois Symphonies récentes de Haydn. La présence d'une brève introduction lente dans la Linz-Symphonie constitue un épisode initial, particulièrement expressif et essentiel pour le sens général de la partition. Autre nouveauté : la tournure souvent interrogative de l'expression, l'importance des passages consacrés à une méditation empreinte de gravité. Ainsi se poursuit l'évolution du genre symphonique. Les liens unissant ces trois symphonies ne sont pas sans rappeler ceux que l'on retrouvera entre les trois dernières symphonies du musicien.

Alice Blot

Nomenclature orchestrale :
2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales et cordes.