Calendrier

Sur un ton festif
3 Mai2020

Sur un ton festif

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Bernard LABADIE, Direction
Andreas STAIER, Piano

KRAUS, MOZART, HAYDN
Récital Hélène Grimaud
17 Mai2020

Récital Hélène Grimaud

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Hélène GRIMAUD, Piano
SILVESTROV, DEBUSSY, SATIE, CHOPIN, SCHUMANN
Origines
31 Mai2020

Origines

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Charles DUTOIT, Direction
Gautier CAPUÇON, Violoncelle

DE SABATA, ELGAR, SAINT-SAËNS
Diable blanc, Ange noir
7 Juin2020

Diable blanc, Ange noir

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Hubert SOUDANT, Direction
Thierry AMADI, Violoncelle

HAYDN, SCHUBERT
Beethoven 2020
12 Juin2020

Beethoven 2020

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Kazuki YAMADA, Direction
Krystian ZIMERMAN, Piano

BEETHOVEN
Beethoven 2020
13 Juin2020

Beethoven 2020

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Kazuki YAMADA, Direction
Krystian ZIMERMAN, piano

BEETHOVEN
Beethoven 2020
14 Juin2020

Beethoven 2020

GRANDE SAISON
Saison 19/20
Kazuki YAMADA, Direction
Krystian ZIMERMAN, Piano

BEETHOVEN
Cacherto-Grosso
9 Avr2020

Cacherto-Grosso

HAPPY HOUR MUSICAL
Saison 19/20
A. GUERCHOVITCH, A. URCAN, S TIMOFEEVA
T. AMADI, V. AUDARD, C. ROSSI

ACHRON, POLLACK, DINICU...
— Concert Annulé —
Les Vents du Sud
5 Mai2020

Les Vents du Sud

HAPPY HOUR MUSICAL
Saison 19/20
R. TRUCHOT BARRAYA, M. BLOCH,
M-B. BARRIERE-BILOTE, A. MENRATH, P. PEIGNIER

RAMEAU, GEBAUER, RAVEL, ESCAICH
Musique de chambre
16 Juin2020

Musique de chambre

HAPPY HOUR MUSICAL
Saison 19/20
S. DUCHESNE CORNATON, G-B. ERMACORA,
F. MEREAUX, T. LEROY, S. STECKELER

DEBUSSY, CHAUSSON, CAPLET
Autour de la famille Bach
12 Avr2020

Autour de la famille Bach

CONCERT SPIRITUEL
Saison 19/20
Peter SZÜTS, Direction
Delphine HUEBER, Flûte

BACH
— Concert Annulé —
Pierre et le loup
8 Avr2020

Pierre et le loup

JEUNE PUBLIC
Saison 19/20
Philippe BÉRAN, Direction
Joan MOMPART, Narrateur

CHOSTAKOVITCH, PROKOFIEV
— Concert annulé —
Printemps des Arts
5 Avr2020

Printemps des Arts

DANS LE CADRE DU FESTIVAL PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO
Saison 19/20
Susanna MÄLKKI, Direction
Vincent LHERMET, Accordéon

MESSIAEN, PESSON, MAGNARD
— Concert Annulé —
Melody Gardot & l’OPMC
12 Juil2020

Melody Gardot & l’OPMC

JAZZ À JUAN
Collaboration
Melody Gardot
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo

Concert au Palais Princier
16 Juil2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Simone YOUNG, Direction
LISZT, MAHLER
Concert au Palais Princier
19 Juil2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Otto TAUSK, Direction
Khatia BUNIATISHVILI, Piano

DVOŘÁK, LISZT
Concert au Palais Princier
26 Juil2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Andrey BOREYKO, Direction
Stephen HOUGH, Piano

GLAZOUNOV, LISZT, SCHUMANN
Concert au Palais Princier
30 Juil2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Gianluigi GELMETTI, Direction
Francesco PIEMONTESI, Piano

MOZART
Concert au Palais Princier
2 Août2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Juraj VALČUHA, Direction
Maxim VENGEROV, Violon

MENDELSSOHN, PROKOFIEV
Concert au Palais Princier
6 Août2020

Concert au Palais Princier

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 19/20
Kazuki YAMADA, Direction
Simon TRPČESKI, Piano

RACHMANINOV, DE FALLA
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Symphonie n°4 en fa mineur, opus 36

Piotr Ilyitch TCHAÏKOVSKY (1840-1893)

Composée en 1877, créée le 10 février 1878 à Moscou, sous la direction de Nikolaï Rubinstein.

 

– Andante sostenuto – Moderato con anima
– Andantino in modo di canzona
– Scherzo : Pizzicato ostinato (Allegro)
– Finale : Allegro con fuoco

 

« Vous me demandez si cette symphonie possède un programme précis ? Je vous répondrai : aucun. Mais en fait, il est difficile de répondre à cette question. Comment exprimer ces sensations indéfinies par lesquelles on passe lorsqu’on écrit une œuvre instrumentale sans sujet précis ? C’est un processus purement lyrique. C’est la confession musicale de l’âme qui est passée par beaucoup de tourments et qui par nature s’épanche dans les sons, de même qu’un poète s’exprime dans les vers. Il y a bien un programme dans notre Symphonie, c’est-à-dire, la possibilité d’exprimer verbalement ce qu’elle cherche à exprimer, et à vous, à vous seule, je puis et je désire indiquer sa signification, à la fois dans l’ensemble et dans le détail. »

 

Adressée au début de l’année 1878 à Nadejda von Meck, cette confession de Tchaïkovsky répond peut-être à une suggestion de sa nouvelle confidente et protectrice, suggestion de composer un reproche qui évoquerait à la fois « une peine morale insupportable, un cœur brisé, la foi foulée aux pieds, le bonheur perdu, bref tout ce qui est cher aux hommes et dont ils sont impitoyablement frustrés » . Un an plus tôt, au mois de mai 1877, Tchaïkovsky expliquait en effet être absorbé par la symphonie qu’il voulait lui dédier, car elle y trouverait des échos à ses propres idées et à ses sentiments. Mais elle démontre surtout combien peuvent être floues les frontières entre la forme classique et la musique à programme, et combien il est important pour le musicien russe, à l’opposé de Berlioz par exemple, de ne pas étaler sur la place publique ses sources d’inspiration, surtout lorsque celles-ci renvoient au plus intime de son existence. « J’étais tellement cafardeux l’hiver dernier, lorsque j’écrivais cette symphonie, et elle reflète fidèlement tout ce que j’ai ressenti. Ce sont des souvenirs généraux sur la violence et l’effroi des sensations éprouvées. »

 

Certes, ici Tchaïkovsky ne se soumet pas à une trame narrative littéraire. Se déclarant héritier de la 5ème symphonie de Beethoven, il répond à des nécessités plus personnelles, plus musicales aussi. Son interprétation elle-même peut avoir été inventée une fois l’œuvre terminée, remettant en cause les possibles implications sémantiques du travail compositionnel. Mais les sonneries de cuivres qui annoncent, telles les quatre notes de son prédécesseur viennois, le destin inéluctable, le mouvement de valse triste et le thème de clarinette onirique n’ont guère besoin de mots pour qu’on en saisisse le sens : »Non seulement il y a un programme, mais de plus il n’y a aucun doute quant à ce qu’elle cherche à exprimer ». L’introduction, déclare Tchaïkovsky est « le germe de toute la symphonie, son idée principale. C’est le fatum, cette force inéluctable qui empêche l’aboutissement de l’élan vers le bonheur, qui veille jalousement à ce que le bien-être et la paix ne soient jamais parfaits ni sans nuage, qui reste suspendue au-dessus de notre tête comme une épée de Damoclès et empoisonne inexorablement et constamment notre âme. Elle est invincible et nul ne peut la maîtriser. Il ne reste qu’à se résigner à une tristesse sans issue. »

 

Dans le premier mouvement se retrouvent les consolations trompeuses du rêve et le retour brutal à la réalité. Le deuxième est un mélange de mélancolie et de lassitude nocturne. Quant au troisième, la légèreté qui caractérise les débuts de l’ivresse, ni triste, ni gaie, avec dans le lointain une chanson de rue de moujiks éméchés, et un défilé de soldats. Pour finale, une grande fête populaire : « Si tu ne trouves aucun motif de joie en toi-même, regarde vivre les autres […] Ne dis pas que tout est triste en ce monde. Il existe des joies simples mais fortes. Réjouis-toi de la joie des autres. On peut quand même vivre ».

 

Reste à savoir si l’on peut ainsi révéler ce qui devait demeurer secret. Plus qu’aux thèmes ou aux tonalités, aux mélodies, aux rythmes ou aux harmonies, c’est à leur confrontation dans la grande forme qu’il revient de guider l’auditeur en l’absence de programme officiel. Les contrastes sont autant de coups de théâtre qui ponctuent une histoire, tandis que les changements de tempo en découpent distinctement les divers épisodes. Citant Heine, Tchaïkovsky rappelle que la musique commence là où les paroles s’arrêtent. Et à son élève Taneïev qui remarque la ressemblance de la symphonie avec « un poème symphonique auquel on aurait ajouté par hasard trois autres mouvements », il répond, sans craindre de se contredire : « Le programme demeure impossible à formuler avec des mots. Cette symphonie exprime ce que les mots ne peuvent traduire, l’indicible, ce que son âme lui impose néanmoins de communiquer. »

 

François-Gildas TUAL

 

Nomenclature orchestrale :
2 flûtes – piccolo – 2 hautbois – 2 clarinettes – 2 bassons – 4 cors – 2 trompettes – 3 trombones – tuba – timbales – percussion – cordes.

Durée approximative : 44 minutes

Dernière exécution à Monte-Carlo : 8 août 2010 – Cour d’Honneur du Palais Princier – Direction : Jaap van ZWEDEN